lundi 1 décembre 2008

Article de Marianne

Ça s'appelle "Quand l'écologie renvoie les femmes à la maison". Et c'est publié dans Marianne.
C'est ici :
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Chère Marianne

Une femme qui accouche à la maison, fait le choix de l'écologie pour ses enfants, et même le choix de rester à la maison les premières années...

Cette femme est précieuse pour la société. Peu importe si elle va continuer son activité salariée "d'avant", si elle va rechercher un autre travail plus en adéquation avec les valeurs qu'elle aura faites siennes grâce à l'arrivée de son enfant, si elle va monter sa propre entreprise - qui lui permettra peut-être de travailler à la maison, ou si elle décidera de continer une activité non salariée. C'est elle qui a les cartes en main. C'est elle qui fabrique la société de demain.
Rendons-lui hommage au lieu de la stigmatiser. Réjouissons-nous de l'exemple qu'elle donne à ses enfants. Remercions son conjoint qui lui permet de lui laisser ce choix.

Ne nous laissons pas abuser par un pseudo-féminisme qui veut que la femme soit l'égale de l'homme, quitte à en nier sa féminité et sa maternité. Une femme ne se réalise pas uniquement dans son travail et dans un rapport de force à un patron. Tout comme elle ne se réalise pas uniquement en s'occupant de sa maison et de ses enfants. Une femme peut choisir de travailler, s'arrêter pour ses enfants, reprendre une activité. Tout est possible.

Mais une femme qui a compris que le monde de demain n'existera que si on y travaille aujourd'hui, qui fait un geste à son niveau pour ne pas abuser de la société de consommation et vivre de manière un peu plus écologique, qui décide d'accoucher à la maison non parce que c'est tendance, "in", mais afin de se réapproprier sa féminité, son corps et sa maternité - sans mettre en danger ni elle-même ni son enfant* -, cette femme... c'est l'avenir de l'Homme.

Karine

*http://www.naitre-chez-soi.info

vendredi 28 novembre 2008

L'accouchement à domicile... au Québec

L’ACCOUCHEMENT À DOMICILE : UN LIBRE-CHOIX ÉCLAIRÉ


Ce document a pour objet de vous informer sur l'accouchement à domicile et sur l’approche des sages-femmes en ce qui concerne le domicile comme lieu de naissance. Il vise à clarifier les attentes réciproques, dans le but d'établir un climat de confiance et de coopération entre vous et votre sage-femme afin de vous permettre de faire un choix éclairé.

Le choix du lieu de naissance


Certains parents qui conçoivent l’accouchement comme un événement naturel et normal planifient de façon réfléchie et en toute autonomie un accouchement à domicile. En effet, ils souhaitent que le passage à la vie de leur enfant se fasse au sein de leur foyer, dans un milieu qui respecte leurs valeurs tout en étant chaleureux et sécuritaire.

Chaque famille choisira le lieu d’accouchement en fonction de ses valeurs et de ses croyances. Accoucher en centre hospitalier, en maison de naissance ou à domicile est pour plusieurs en concordance avec leurs besoins individuels.

Les sages-femmes respectent les choix des femmes et des familles, les valeurs et croyances individuelles. Ce document a été conçu pour vous fournir l’information nécessaire au sujet de l’accouchement à domicile afin de prendre une décision responsable, adaptée à vos besoins et à ceux de votre bébé.

Les sages-femmes effectuent des suivis de femmes en santé présentant une grossesse normale. La pratique sage-femme est circonscrite par la Loi sur les sages-femmes et encadrée par les différents règlements de l’Ordre des sages-femmes du Québec (OSFQ). Quel que soit le lieu que vous choisirez pour l'accouchement, la sage-femme exercera sa profession de la même façon et disposera de l’équipement, du matériel et des médicaments exigés par l’Ordre des sages-femmes du Québec.

À tout moment au cours de votre suivi de grossesse, il vous est possible de changer d’avis quant au lieu que vous avez choisi pour la naissance de votre enfant. Nous vous demandons alors d’en aviser votre sage-femme le plus tôt possible.

La légalisation de la pratique sage-femme et de l’accouchement à domicile


La profession de sage-femme a été légalisée en 1999. Dès lors, l'Ordre des sages-femmes du Québec a été institué avec tous les pouvoirs nécessaires à la surveillance de la pratique, et ce, afin d'assurer la protection du public.

Il a été prévu, par la Loi sur les sages-femmes, que l'accouchement à domicile fasse l'objet d'une réglementation spécifique. En juin 2004, l’adoption du Règlement sur les normes de pratique et conditions d’exercice lors de l’accouchement à domicile venait permettre aux femmes et aux couples qui le désirent d’être accompagnés par une sage-femme lors d’un accouchement à domicile. En avril 2005, l’obtention d’une entente concernant l’assurance-responsabilité des sages-femmes pour l’accouchement à domicile rendait cette option enfin applicable.

Accoucher à la maison : un choix personnel


Comme en attestent les nombreux écrits et témoignages sur l’accouchement à domicile, les raisons invoquées pour donner naissance à domicile sont multiples et extrêmement variées. Parmi celles-ci, plusieurs parents mentionnent le sentiment de sécurité qu’éprouve la mère dans son propre environnement, l’aspect logique de ce choix pour quiconque considère l’accouchement comme un événement normal et naturel de la vie, le désir de maîtriser son environnement, la participation plus facile des autres enfants, le respect du rythme de l’accouchement et la continuité de l’accouchement dans un seul et même lieu.

Le choix d’accoucher à la maison est subjectif et inspiré par différents motifs variant d’une femme à l’autre. L’accouchement est un processus physiologique dont le déroulement est sensible à l’environnement et au stress. Le choix du lieu d’accouchement est personnel et le bon déroulement de l’accouchement dépend du fait que le lieu est bel et bien choisi par la femme qui accouche.

Accoucher à la maison : un choix sécuritaire et réaliste


Les diverses recherches comparant la sécurité de l'accouchement à domicile à celle de l’accouchement en centre hospitalier arrivent à des conclusions semblables : pour des accouchements dont les conditions sont comparables et pour une clientèle sélectionnée à bas risques, les taux de mortalité et de morbidité périnatales sont égaux ou légèrement inférieurs à domicile (Peat, Marwick, Stevenson & Kellog, 1991 ; Janssen, Holt, Myers, 1994 ; Olsen, 1997 ; B.C. Home Birth Demonstration Project, 2000).

Les études internationales concluent que l'accouchement à l'hôpital ne peut se justifier sur la base de la sécurité et qu'aucun des deux lieux d'accouchement, le centre hospitalier et le domicile, n’est totalement sécuritaire (Ashford, 1978 ; Tew, 1978 ; Campbell et Macfarlane, 1987 ; Olsen, 1997).

Bien que les accouchements à la maison ne dépassent pas 1 % de tous les accouchements en pays industrialisés, l'expérience de certains pays comme les Pays-Bas, où la proportion des accouchements à domicile se situe autour de 31 % (Rozon, 1996), montre que cette option a fait la démonstration de sa pertinence et de son efficience.

Même s'il est encore peu répandu au Canada, l'accouchement à domicile est également autorisé et pratiqué par les sages-femmes de l’Alberta, de la Colombie-Britannique, du Manitoba et de l'Ontario. En Ontario, en 1998, 40 % des accouchements assistés par des sages-femmes se déroulaient à domicile (Conseil d'évaluation des projets-pilotes).

Les sages-femmes du Québec se sont engagées à continuer de respecter et de supporter le droit fondamental des femmes de choisir le lieu de leur accouchement, en accord avec les règles de pratique émises par leur Ordre. Même si de nos jours l'usage le plus répandu est de donner naissance à l'hôpital, les sages-femmes sont d’avis que l'accouchement hors centre hospitalier, incluant le domicile, représente une option réaliste qui offre une marge de sécurité comparable, pour les femmes en santé dont la grossesse se déroule normalement.

Les facteurs déterminants de la sécurité


Accoucher à domicile est l'aboutissement d’un processus de réflexion, mais aussi de dépistage, qui s’effectuent tout au long du suivi de la grossesse et de la période entourant la naissance. Le champ d’exercice de la sage-femme reconnaît d'ailleurs son habileté à dépister de façon précoce les risques reliés à la grossesse et à l’accouchement.

D’autres facteurs contribuent également à la sécurité du domicile comme lieu d’accouchement:

* les services continus et personnalisés offerts par la sage-femme qui connaît bien la femme, le couple, la famille et leur environnement;
* la disponibilité de la sage-femme ou de sa coéquipière qui est en mesure de répondre 24 heures sur 24 aux questions des couples;
* le respect de la « normalité » de l'accouchement et du rythme individuel du processus physiologique du travail;
* le respect de l’intimité, de la liberté de mouvement de la femme et la présence de personnes familières choisies par la femme;
* la diminution des risques d’infection.

En dehors de toute considération sur les lieux de pratique, la sage-femme doit répondre aux normes rigoureuses de compétence établies par l’Ordre des sages-femmes du Québec. Elle doit se soumettre à une formation continue et maintenir à jour notamment sa certification en réanimation néonatale avancée. En cas d’urgence, la sage-femme possède les compétences requises pour stabiliser l’état de la mère ou du nouveau-né et dispose d’équipements et de médicaments d’urgence.

Le délai de transport vers l’hôpital doit être pris en considération, surtout lorsqu’une femme demeure dans une région éloignée ou difficile d’accès. La Société des obstétriciens-gynécologues du Canada (SOGC) a émis une directive aux médecins qui assistent à des accouchements. Ceux-ci doivent demeurer à moins de 30 minutes de l’hôpital lorsqu’ils sont de garde. Au Canada, une norme implicite découle de cette directive. Une femme qui accouche devrait pouvoir accéder à des soins médicaux dans un délai maximal de 30 minutes. Il serait important que la femme et/ou le couple discutent avec la sage-femme des implications et des conséquences possibles d’un délai dans le transport vers un centre hospitalier sur sa santé ou celle de son enfant.

Planifier un accouchement à domicile


C’est à vous qu’il revient de choisir le support professionnel et le lieu de naissance qui vous conviennent. Lorsque vous choisissez d’être suivie par une sage-femme, vous serez appelée en cours de grossesse à faire un choix en ce qui concerne le lieu d’accouchement soit le domicile, la maison de naissance ou l’hôpital.

Nous vous invitons à échanger avec votre sage-femme afin d’obtenir toutes les informations nécessaires permettant de prendre une décision éclairée sur le choix du lieu de naissance de son enfant. La sage-femme, en tant qu’intervenante de première ligne, veille à s’assurer que la grossesse et l’accouchement se déroulent normalement. Si une situation clinique demande que les soins soient transférés à un médecin, l’accouchement en dehors de l’hôpital ne sera, par conséquent, plus une option.

Préparatifs essentiels pour un accouchement à domicile


La sage-femme, la femme et/ou le couple sont responsables de la préparation adéquate pour un accouchement à domicile :

* La sage-femme détermine l’admissibilité de la femme au suivi sage-femme;
* La sage-femme et la femme discutent des informations adéquates incluant les résultats des recherches récentes sur les avantages, les inconvénients et la sécurité d’un accouchement planifié à domicile;
* La femme participe régulièrement à son suivi de grossesse durant lequel la sage-femme s’assure continuellement de son admissibilité. La femme effectue une préparation à un accouchement naturel;
* La sage-femme s’assure de l’accessibilité au domicile pour elle-même et la femme. La femme fournit à la sage-femme un plan détaillé et des indications précises pour qu’elle se rende à son domicile;
* La sage-femme s’assure que les procédures de transport ambulancier et de transferts sont organisés localement et disponibles si besoin;
* La sage-femme visite le domicile, avant la 36e semaine de grossesse, notamment pour y planifier son organisation;
* La femme signe un consentement éclairé (annexe I) avant la 36e semaine de grossesse;
* La sage-femme s’assure de la disponibilité de l’équipement, du matériel et des médicaments nécessaires pour un accouchement planifié à domicile;
* La femme s’assure de fournir le matériel demandé selon une liste suggérée;
* La femme garde en sa possession une copie de son dossier tenu régulièrement à jour par la sage-femme;
* La sage-femme s’assure d’un moyen de communication en cas de situation nécessitant une consultation médicale ou un transfert urgent;
* Autant que possible, la femme a en sa possession une carte de l’hôpital advenant nécessité d’un transfert;
* La sage-femme et la femme déterminent quelles conditions supplémentaires devraient être remplies pour assurer la sécurité d’un accouchement à domicile;


Signature du consentement éclairé


Afin de planifier un accouchement à domicile en présence d’une sage-femme, le Règlement sur les normes de pratique et conditions d’exercice lors d’accouchements à domicile stipule que la femme doit signifier son choix en signant un formulaire de consentement.

Le formulaire de Consentement au service sage-femme pour un accouchement à domicile devrait être signé avant la 36e semaine de grossesse lorsque l’accouchement est planifié à domicile.

La signature du consentement implique un processus de choix éclairé. À cette fin, nous vous recommandons de discuter avec votre sage-femme des avantages, des risques et de la sécurité d’un accouchement à domicile. De plus, les procédures d’urgence devraient être abordées. La sage-femme et la femme doivent aussi discuter de la remise en question du lieu de naissance lorsque survient une complication.

En conclusion :


Le présent document a été préparé par l’Ordre des sages-femmes du Québec dans le but de vous informer et de répondre à vos questions.

D’aucune façon ce document ne saurait remplacer les échanges avec la sage-femme. Cette dernière est définitivement celle qui pourra répondre à vos demandes et besoins individuels et vous guider vers des documents ou des références d’appoint.

http://www.osfq.org/rubrique/documents/accouchementdomicile.php

Répertoire des praticiens de l'accouchement à domicile

http://perinatalite.over-blog.com/categorie-10249416.html

jeudi 27 novembre 2008

Les femmes pourront choisir leur lieu de naissance... Mais pas en France !!

Les Britanniques auront bientôt le choix du lieu de leur accouchement selon le nouveau plan périnatalité qui va être dévoilé par le gouvernement.

A partir de 2009, les futures mères pourront choisir entre accoucher à la maternité, dans une maison de naissance ou à leur domicile.

Ces femmes auront également la garantie que ce soit la même sage-femme qui les accompagne tout le long du suivi de grossesse.

Les sages-femmes demandent plus de moyens pour remplir ces promesses qui étaient déjà apparues à l’occasion du manifeste 2005 du Labour Party.

Le gouvernement a reconnu que le plan périnatal ne pouvait fonctionner sans l’augmentation du numerus clausus des sages-femmes. En effet, les sages-femmes se plaignent d’avoir à gérer plusieurs accouchements en simultané à cause de la réduction des dépenses et des effectifs. Elles disent également que c’est un défi pour le gouvernement qui désire augmenter les accouchements à domicile.

Seulement 2% des 600 000 naissances annuelles ont lieu à domicile et une étude menée par le RCM (Collège royal des sages-femmes) a démontré que seulement une femme sur cinq avait la possibilité d’accoucher à domicile.

Il y a actuellement 19 000 sages-femmes travaillant sous le régime du NHS (Service de santé anglais) et le RCM prétend qu’il en faudrait 3000 de plus dans les 5 prochaines années pour atteindre les objectifs fixés.

Mme Karlene Davis, du RCM, soutient le plan gouvernemental mais ajoute : «Ce qui nous inquiète c’est qu’il faudra augmenter le nombre de sages-femmes pour y parvenir. Actuellement il existe des différences sur tout le territoire en termes de prise en charge et de qualité de service que reçoivent les femmes, et nous voulons que le gouvernement mette en place des leviers qui permettent à toutes les femmes d’accéder à ces mesures, et non pas seulement aux plus cultivées.»

Andrew Lansley, secrétaire de l’opposition, prétend lui que le gouvernement a prévu de fermer 43 unités de maternité cette année. Il ne pense pas que le gouvernement tiendra ses promesses. D’après lui les plans de fermetures seraient toujours d’actualité, il ne pense pas que Patricia Hewitt (secrétaire au ministère de la santé) ait mis les moyens derrière ce nouveau plan périnatalité. «C’est injuste pour les mères et c’est injuste pour les professionnels», dit-il.

Le cabinet des ministres réfléchit aussi à ce que les futures mères aient une sage-femme référente tout au long de leur grossesse. On leur donnera l’occasion de rencontrer l’équipe de sages-femmes, de sortent qu’elles retrouvent un visage familier le jour de l’accouchement.

La secrétaire d’état à la santé, Patricia Hewitt, a précisé qu’elle ne pouvait pas promettre qu’il y ait 3000 embauches de sages-femmes supplémentaires, et que c’était plutôt aux régions de remplir les objectifs de l’État.

«En fait nous demandons aux régions à travers le NHS d’évaluer leur besoins en main d’œuvre afin d’atteindre les objectifs donnés par le gouvernement entre maintenant et 2009.»

Quant au professeur Allan Templeton, président du RCG (Collège royal des gynéco-obstétriciens), il répond : «Si nous voulons donner aux mères plus de choix, alors nous devons faire en sorte de pas laisser d’emplois vacants dans nos services hospitaliers. Nous avons besoin de plus de consultants et de sages-femmes.»

Article paru sur le site de BBC News, le mardi 3 avril 2007 et traduit par CIANE.info

mercredi 26 novembre 2008

Pétition pour un Libre Choix de Naissance

Date de création : 05/06/2008
Date de cloture : 05/06/2009

Auteur : Pour un Libre Choix de Naissance

Association

A l'attention de : Ministre de la Santé



Contrairement à d’autres pays européens, force est de constater que la France n’offre toujours pas suffisamment de choix aux futures parents pour la naissance de leur enfant.

- Alors que dans certains pays voisins, les accouchements à domicile sont considérés comme un choix tout aussi respectable et sécuritaire qu’un autre, en France ils se font rares et sont souvent très mal acceptés par le milieu médical ;

- Malgré que des Maisons de Naissance indépendantes et situées hors des hôpitaux existent dans de nombreux pays européens et mondiaux, en France elles n’ont toujours pas l’autorisation de fonctionner comme elles le devraient ;

- La fermeture de plus en plus nombreuse des petites maternités ne laisse souvent pas d’autres alternatives aux futures mamans que de faire beaucoup de kilomètres pour aller accoucher dans une « grosse » maternité de niveau 3 ;

- De même, beaucoup de régions n’offrent pas d’autres options aux futures mamans que de donner la vie à l’hôpital où il est encore, dans bien des cas, difficile de faire entendre et accepter ses choix… alors que l’ouverture de plateaux techniques aux sages-femmes libérales serait une alternative intéressante aux futurs parents désirant un accompagnement global…

… C’est pourquoi une pétition nationale sur le « Libre Choix de Naissance »a été mise en ligne.

Par cette action, il ne s’agit pas ici de prôner une pratique plus qu’une autre, mais de réclamer plus de choix pour qu’en France, soit respecté la décision de chacune de pouvoir accoucher :

- A domicile;

- En Maison de Naissance;

- En pôle physiologique;

- Dans l'eau;

- En accompagnement global avec accès à un plateau technique

- ou même en Maternité, en ayant fait ou non un projet de naissance qui puisse être adopté et suivi avec respect…

… comme cela se pratique déjà dans d’autres pays…

Alors si vous aussi, vous trouvez important que ces choix puissent co-exister dans toutes les régions de France et que …

" Vous voulez rester libre de choisir comment et où naîtra votre enfant !"

Alors n'hésitez pas à signer et à diffuser largement cette pétition...

Lien vers le texte : http://libre-choix-naissance.over-blog.com/

Pour signer c'est ici : Signer la pétition

mardi 25 novembre 2008

Faut-il interdir les accouchements sans péridurale ?

L’analgésie péridurale, qui permet de ne pas sentir la douleur de l’accouchement, est-elle une avancée pour les femmes ? Indéniablement. Or certaines, au XXIème siècle, souhaitent donner naissance sans péridurale. Mais que veulent donc les femmes ?

Pas de péridurale, un choix rationnel ?

Elles jurent qu’elles n’auront pas de péridurale, ou bien elles préfèreraient l’éviter mais n’excluent pas d’y avoir recours. Certains de leurs motifs sont intimes, personnels, de ceux qu’il serait vain d’expliquer. D’autres ont une grande part de rationnel lié au fait que la péridurale est un acte médical qui, en tant que tel, comporte quelques risques.

Est-il raisonnable de souhaiter se passer de cette analgésie en raison de ces risques ? Les effets secondaires sont soit rares, soit sans gravité excessive, et n’apparaissent généralement pas de nature à remettre en question le choix d’une femme qui, pour des raisons qui lui sont propres, n’envisage pas de s’en passer.

Passons en revue quelques-unes des raisons qui poussent certaines femmes à préférer éviter la péridurale. [1]

- La société française d’anesthésie-réanimation (SFAR) nous apprend que la péridurale entraîne fréquemment des difficultés à uriner, ce qui nécessite l’évacuation de la vessie par une sonde [2]. Le sondage n’est pas forcément agréable, et on sait qu’il entraîne des infection urinaires nosocomiales [3]. Cela se soigne bien. Certaines femmes préfèrent néanmoins, si possible, se passer de ces désagréments courants.

- Cette même SFAR [4] souligne que la péridurale peut, exceptionnellement, générer après l’accouchement des maux de tête qui sont empirés lorsqu’on se met debout. Certaines femmes préfèrent, si possible, ne pas courir ce risque, ni fréquent ni grave, mais occasionnant de fortes douleurs pendant les premiers jours passés avec le nouveau bébé.

- La péridurale nécessite toujours l’injection d’une hormone, l’ocytocine, pour son action sur les contractions utérines. Cette substance est assez sûre pour permettre une utilisation sans hésitation lorsque nécessaire, mais elle a, rarement, des effets secondaires graves, comme le choc anaphylactique et l’hémorragie postpartum [5]. Il n’est donc pas totalement déraisonnable de préférer éviter les situations où cette intervention devient nécessaire.

- La péridurale, probablement parce qu’elle entraîne toujours, en pratique, la position allongée, la surveillance continue du rythme cardiaque du fœtus, et souvent la baisse de l’envie de pousser, rend des interventions plus souvent nécessaires pour terminer l’accouchement. Les interventions en question sont, par exemple, les césariennes, les extractions instrumentales (forceps), les épisiotomies (incision du périnée). Ces interventions sont alors, bien sûr, pratiquées à bon escient. Pourtant elles ont, par elles-mêmes, des conséquences plus ou moins gênantes : après l’accouchement, l’épisiotomie reste plus douloureuse qu’une déchirure [6] ; en cas de césarienne, les grossesses suivantes sont plus risquées car le placenta s’implante plus souvent sur la cicatrice et qu’il y a risque de rupture utérine pendant l’accouchement ; les forceps contribuent aux déchirures graves du périnée, avec toutes les conséquences possibles (du type : incontinence urinaire ou fécale). S’il est déraisonnable de refuser ces interventions lorsqu’elles sont nécessaires, il semble rationnel de préférer favoriser les situations qui en minimisent le besoin.

Est-il interdit d’accoucher sans péridurale ?

Il est insupportable que des femmes qui, comptant sur la péridurale et ne présentant pas de contre-indication médicale, ne puissent pas en bénéficier pour des raisons d’organisation des soins (disponibilité de l’anesthésiste, occupation des salles d’accouchement), ou parce que l’analgésie ne marche pas ou laisse tout un côté sensible, voire - et il semble qu’on l’entende encore - par conviction des professionnels. Ces situations, non anticipées, génèrent des traumatismes profonds.

On entend aussi dire que des femmes subissent des pressions qui les poussent à prendre une péridurale qu’elles auraient préféré éviter. Ces pressions sont-elles imaginaires ?

Pression idéologique

- Certains courants diffusent cette idée que la péridurale n’est qu’un bien à imposer à l’humanité et n’admet pas de dérogation, sinon par obscurantisme. Dans son livre La sociologie de l’accouchement [7], B.Jacques rapporte ainsi ces paroles d’un gynécologue-obstétricien : "celles qui ne veulent pas de péridurale, c’est un problème d’éducation ... Elles sont un peu arriérées."

- Dans la même lignée, certains professionnels de santé, persuadés qu’il est humainement impossible d’accoucher sans péridurale, sapent la confiance que des femmes ont en elles-mêmes. Le Bêtiser officiel de l’obstétrique (Boob) rapporte cette scène où un anesthésiste, lors d’une visite de fin de grossesse, dit à une femme déterminée à se passer de la péridurale "Vous semblez bien sûre de vous ! Mais croyez-en notre expérience et sachez bien que si vous dites cela c’est parce que vous n’avez jamais accouché !" [8].

Protocoles qui favorisent la souffrance : immobilité sur le dos

- Lorsque la femme arrive à la maternité pour accoucher, elle est encore le plus souvent forcée de rester allongée sur le dos, immobilisée par des sangles reliées à un appareil de monitoring et par une perfusion. Or, cette position, alliée à l’immobilité contrainte, semble être, pour la plupart des femmes, la plus douloureuse possible. Les études cliniques [9], [10] sont sans appel : les positions verticales diminuent considérablement les douleurs ; et l’expérience des femmes montre que la douleur peut être réellement minimisée par le mouvement et par des positions non imposées mais prises spontanément par la femme en fonction de ce qui la soulage le plus.

- La situation est donc que 1 - les études sont formelles sur le fait qu’il y a des avantages médicaux aux positions autres qu’allongées sur le dos. 2 - le monitoring fœtal peut être pratiqué de façon intermittente, et il est alors aussi efficace, en terme de mortalité et morbidité fœtales , que s’il est laissé en continu. 3 - la perfusion n’est pas nécessaire en routine et elle peut être remplacée par une voie veineuse (cathéter seul) pour anticiper les cas d’urgence.

Il donc faut bien considérer l’obligation d’immobilité comme une pratique inhumaine générant des souffrances sans raison médicale envers toutes les femmes qui accouchent : celles à qui la péridurale n’a pas encore été posée et envers celles qui ne la souhaitent pas d’emblée.

Protocoles qui favorisent la souffrance : administration systématique d’ocytocine

- Une autre intervention est l’administration de cette hormone de synthèse, l’ocytocine, destinée à augmenter les contractions. Elle est indiquée pour certaines situations (déclencher l’accouchement, en cas de péridurale, en cas de problème pendant ou après l’accouchement) mais les protocoles de nombreuses maternités imposent une administration en routine, et le plus souvent omettent d’informer la femme du contenu de la perfusion.

- Les contractions qui en résultent provoquent des douleurs largement supérieures à celles liées aux contractions spontanées. La conséquence est souvent une grande difficulté à gérer la douleur, ce qui fait que les femmes, même si elles ne la voulaient pas, finissent par recourir à la péridurale. Comme la plupart du temps elles ne savent pas que le contenu de leur perfusion est une cause d’accroissement des souffrances, elles repartent avec l’idée que réellement, elles ne sont pas capables de gérer la douleur des contractions. Il serait de bon ton que les protocoles hospitaliers prévoient de n’administrer cette substance qu’au cas par cas, sur réelle indication médicale, et en tout état de cause après en avoir informé la femme.

Ne nous méprenons pas : les douleurs de l’accouchement ne sont pas à imputer uniquement aux protocoles hospitaliers et à l’état mental des femmes. Accoucher fait mal, différemment d’une femme à l’autre. Accoucher, même dans les conditions optimales de confort et de respect, peut être trop, trop douloureux. La péridurale est un progrès, dès lors que les femmes peuvent choisir librement d’y avoir recours en fonction de leurs souhaits et de leurs besoins.

Que réclament les femmes, finalement, péri or not péri ?

Les femmes réclament le droit à disposer de leur corps indépendamment des pressions sociales et médicales. Elles n’ont pas à justifier leur choix concernant l’analgésie en cours d’accouchement, et tout doit être mis en œuvre pour que ce choix soit respecté et accompagné.

Leurs revendications portent donc sur

1 - L’optimisation de l’organisation des soins pour rendre la péridurale possible lorsque la femme en exprime le besoin, hors contre-indication médicale.

2 - L’abstention, de la part de tous les professionnels de santé, de toute expression de mépris et de traitement discriminatoire envers les femmes en raison de leur choix relatif à l’analgésie en cours d’accouchement.

3 - L’évolution des protocoles des maternités pour éliminer tout traitement qui démultiplie la douleur et ajoute des souffrances sans justification médicale prouvée et adaptée à la personne. Cette mesure profiterait à la fois aux femmes à qui la péridurale est contre-indiquée, à celles en attente de péridurale et à celles qui souhaitent s’en passer

Choisir d’être respectée

Comment les femmes peuvent-elles savoir si telle maternité est respectueuse des choix de chacune ? Les indicateurs proposés (comme le classement des maternités par la presse) font bonne part au pourcentage de péridurale, ce qui ne rend pas compte de la diversité des souhaits des femmes et de la réponse qui leur est apportée. Il serait utile de connaître la part de femmes dont les choix ont bien été accompagnés et respectés. C’est un enjeu de la qualité des soins en maternité et tant que citoyens d’un pays développé, nous y sommes particulièrement attachés.


[1] Toutes les sources médicales de cet article ont la certification HONcode, qui vise à garantir la qualité des sites internet d’information médicale. http://www.hon.ch/

[2] Source http://www.sfar.org/infoapdobst.html "Une difficulté transitoire pour uriner est fréquente lors d’un accouchement et peut nécessiter un sondage évacuateur de la vessie. Une baisse transitoire de la pression artérielle peut survenir. Si les dérivés de la morphine ont été utilisés, une sensation de vertige, des démangeaisons passagères, des nausées sont possibles. Des douleurs au niveau du point de ponction dans le dos peuvent persister quelques jours mais sont sans gravité."

[3] Haute autorité de santé/ Mission pour le développement de la médiation, de l’information et du dialogue pour la sécurité des soins. Guide pour la surveillance et la prévention des infections nosocomiales en maternité. http://www.sfhh.net/telechargement/recommandations_guidematernite.pdf

[4] Source http://www.sfar.org/infoapdobst.html "Exceptionnellement, des maux de tête majorés par la position debout peuvent apparaître après l’accouchement. Le cas échéant, leur traitement vous sera expliqué. Dans de très rares cas, une diminution transitoire de la vision ou de l’audition peut être observée. Des complications plus graves : convulsions, arrêt cardiaque, paralysie permanente ou perte plus ou moins étendue des sensations, sont extrêmement rares."

[5] Informations sur les médicaments provenant directement de la FDA, Food and Drugs Administration, organisme de contrôle sanitaire des Etats-Unis. http://www.drugs.com/pro/syntocinon.html "The following adverse reactions have been reported in the mother : Anaphylactic reaction, Postpartum hemorrhage, Cardiac arrhythmia, Fatal afibrinogenemia, Nausea, Vomiting, Premature ventricular contractions, and Pelvic hematoma [... ]" (la liste continue, incluant une complication fatales à la mère ou à l’enfant)

[6] Recommandations de pratique clinique de Collège national des gynécologues obstétriciens français http://www.cngof.asso.fr/D_PAGES/PURPC_14.HTM "Dans le post-partum immédiat, les patientes ayant eu une épisiotomie se plaignent de douleurs périnéales plus que celles ayant accouché avec un périnée intact ou une déchirure du 1er ou du 2e degré (Grade B). Cette différence n’existe plus à 3 mois de l’accouchement."L’épisiotomie semble augmenter le risque d’hémorragie du post-partum (Grade B). Un certain nombre de traumatismesfœtaux ont également été décrits lors de la réalisation de l’épisiotomie."

[7] Sociologie de l’accouchement, Béatrice Jacques, ed. Puf. 2007 ISBN 978-2130558323

[8] Source http://boob.over-blog.fr/article-19763426.html

[9] Melzack R, Belanger E, Lacroix R. Labor pain : effect of maternal position on front and back pain. J Pain Symptom Manage. 1991 Nov ;6(8):476-80 (fiche AFAR 1134). http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/1835474 ?dopt=Abstract, traduit en français par l’AFAR http://afar.info/id=1134

[10] Gupta JK, Nikodem VC, Women’s position during the second stage of labour. Cochrane Database Syst Rev.2000 ;(2) :CD002006

Auteur : Emma Plaf

L'obstétrique en France

L'obstétrique, aujourd'hui, en France, est une discipliné médicale particulière. C'est une des rares où si l'on fait entièrement confiance à son praticien on a toutes les chances de subir des actes inutiles et dangereux pour soi et son bébé.