samedi 31 octobre 2009

L'AAD vu par un papa (au québec)

Source : Angle Mort

28 octobre 2009, 12:56

Accoucher normalement

Le jeudi 15 octobre, un peu avant 3600 secondes d'extase, je suis devenu deux choses: un papa et le fan numéro 1 des sages-femmes.
Depuis que Romane est née, on se pince chaque jour, ma blonde et moi, pour croire qu'on a eu la chance d'accoucher dans le confort de notre foyer.
Au Québec, c'est un luxe rare. À peine 2 % des femmes accouchent avec une sage-femme et encore moins le font à domicile.
Parce que dans l'esprit d'à peu près tout le monde en Amérique du Nord, un bébé, ça sort d'un hôpital. Et un accouchement, c'est une femme flanquée sur le dos, les jambes en l'air, le visage déformé par la douleur, qui interprète la bande-son d'un film d'horreur en écrasant les phalanges de son conjoint livide, pendant que des étrangers habillés en vert crient: "Poussez! Poussez, Madame!"
Pour traverser ce tunnel de souffrances, on a forcément besoin d'un soutien pharmacologique. D'ailleurs, ai-je appris la semaine dernière à l'émission Une pilule, une petite granule, sept femmes sur dix au Québec ont recours à l'épidurale pour contrôler leurs souffrances.
Le pire, c'est que dans notre société moderne, on en est venu à penser que ce genre d'accouchement-cauchemar est parfaitement normal. Vraiment?
Ma blonde a voulu accoucher avec une sage-femme, à la maison, dans l'eau. C'était sa décision à elle. Elle a osé quelque chose de différent. Mais parce que le monde préfère la "normalité", ma blonde et moi avons dû rassurer tous ceux qui nous aiment, qui pensaient qu'on jouait avec la vie de notre enfant en accouchant avec une sage-femme. Il aura aussi fallu trouver des réponses à toutes les angoisses, à commencer par les nôtres: "Et s'il y a des complications?"; "Et si le bébé a le cordon autour du cou?"; "Et s'il y a une hémorragie?"; "Et si ça fait trop mal?"
Bien sûr qu'il aurait pu y avoir des problèmes, mais j'ai la conviction que lorsqu'on ambitionne de donner la vie, la moindre des choses, c'est d'avoir confiance en elle, la vie.
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Une sage-femme, ce n'est pas une bonne femme qui débarque avec plein de bonne volonté et des compresses d'eau chaude.
Depuis 10 ans cette année, les nouvelles sages-femmes doivent, pour obtenir un permis de pratique, réussir une formation de quatre ans et se farcir 1740 heures de stage.
Seules les femmes qui ont des grossesses à bas risques peuvent avoir un suivi sage-femme. Et si un problème survient lors de l'accouchement et nécessite un transfert à l'hôpital, tout est en place pour que celui-ci se fasse rapidement et efficacement.
Grâce à toutes ces précautions, plusieurs recherches concluent que, dans le cas d'une grossesse normale, mettre bas dans son salon est aussi sécuritaire qu'accoucher dans un gros centre hospitalier à côté d'une distributrice de Purell.
C'est simplement une question de goût.
Mounia, notre sage-femme, est fine comme tout. Elle a 26 ans et sait tout ce qu'il faut savoir sur l'avant, le pendant et l'après de l'accouchement. Au fil de nos rencontres, elle, ma blonde et moi avons développé un véritable lien de confiance. Un lien d'humain à humain qui m'a réconcilié avec tous ces professionnels de la santé blasés, stressés, épuisés et pressés que j'ai croisés dans ma vie.
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Toujours est-il que le 15 octobre, un peu avant 3600 secondes d'extase, ma blonde a accouché en direct de notre sous-sol, à quatre pattes dans une piscine gonflable. Elle n'a pas hurlé de douleur, elle n'a pas eu l'air possédée du démon et n'a réduit aucune de mes phalanges en purée.
Elle n'a pas non plus eu besoin de quelque antidouleur que ce soit. De toute façon, l'épidurale n'existe pas dans le monde des sages-femmes. À la place, enveloppée dans un nuage d'endorphines, ma blonde s'endormait entre chacune de ses contractions. Elle était magnifique à voir.
Anecdote: chaque contraction, vous allez rire, ma blonde les prenait en disant un grand "Ouuuui!". On est loin de la trame sonore du film d'horreur. On est plus dans l'audio d'un film cochon, mettons.
Et c'est ainsi que Romane est venue au monde dans l'eau.
Après le départ de la sage-femme, on s'est endormis dans notre lit, et le lendemain, on s'est réveillés chez nous. On était une famille.
Cela fait maintenant deux semaines. Ceux qui voient Romane la trouvent étonnamment calme. Paraît que c'est normal. Les bébés qui naissent dans la sérénité seraient juste moins traumatisés par l'accouchement. La mère aussi l'est pas mal moins.
Pour moi, aujourd'hui, c'est ça, un accouchement normal. Et j'en souhaite un à tout le monde.
Merci à Mounia, et à toutes les autres sages-femmes du Québec, pour les bonheurs qu'elles mettent au monde...

vendredi 30 octobre 2009

Les bébés maison

Source : sudouest.com


LE DÉPARTEMENT DANS LA TENDANCE. Des sages-femmes face à une demande croissante d'accouchements à domicile

Les bébés maison


A l'instigation de l'association Femmes/sages-femmes, un échange entre futures mères,  dont Véronique Deparpe, et retraitées était organisé à la Marpa de Prayssas. (PHOTO jean-louis borderie)
A l'instigation de l'association Femmes/sages-femmes, un échange entre futures mères, dont Véronique Deparpe, et retraitées était organisé à la Marpa de Prayssas. (PHOTO jean-louis borderie)
C'est décidé depuis le début, elle accouchera dans sa maison de Paulhiac, près de Monflanquin. Véronique Deparpe parle d'« intimité », se dit « plutôt pour les méthodes naturelles, en tout cas pour un retour aux choses élémentaires ». Non non, elle n'est « pas extrémiste ». Ni baba-cool. C'est une jeune femme de 36 ans, la tête sur les épaules, animatrice dans un relais d'assistantes maternelles près de Prayssas. « Ça s'est imposé à moi. »
Samedi dernier, la voilà qui contribuait à une table ronde organisée par l'Association lot-et-garonnaise femmes/sages-femmes. Des résidentes retraitées de la Marpa de Prayssas étaient invitées à dire leurs souvenirs d'accouchement à de futures mères du cru. Sans relâche, Femmes/sages-femmes milite pour l'accompagnement des femmes enceintes jusqu'à la naissance. C'est propre au département.
Activisme associatif
Signe de son activisme, l'association rayonne au-delà des strictes frontières lot-et-garonnaises, s'appuyant sur des relais à Auch et bientôt à Rennes. Fondée il y a quinze ans par Farida Hammani, une sage-femme marmandaise, elle n'était qu'une antenne d'un mouvement national qui a fini par disparaître. Femmes/sages-femmes enchaîne des réunions mensuelles à Port-Sainte-Marie et Agen à l'intention des parents et s'essaie à de nouvelles expériences de sensibilisation, comme à Prayssas ce week-end.
Sage-femme installée à Bazens, présidente de l'association, Krista Guilliams dénonçait dans une revue nationale bio « l'industrialisation de la naissance », « l'enchaînement d'actes médicaux », statistiques à l'appui. C'était dit sans détour. De vive voix, elle se désole devant ces « déclenchements d'accouchement de convenance, pour la maternité, pour le gynécologue, pour le couple... Un accouchement, ce n'est pas une souffrance mais un effort intense. »
Elle assure composer sans heurts avec les quatre maternités du Lot-et-Garonne, où elle est « bien accueillie ». En France, elles ne seraient qu'une soixantaine de sages-femmes libérales à pratiquer l'accouchement. Et si Krista Guilliams est la seule à l'exercer à plein temps, elles sont trois collègues en mesure de le faire dans le département.
Scénario de secours
Etablie en Lot-et-Garonne depuis trois ans et demi, la sage-femme belge a vu bondir le nombre de femmes enceintes frappant à sa porte, de tous âges et de toutes conditions. Krista Guilliams n'avait pratiqué qu'une douzaine d'accouchements à domicile la première année.
En 2009, elle en est à cinq par mois et veille à ne pas chevaucher les fins de grossesse. Elle refuse du monde : « J'ai deux demandes par semaine, je dis stop. » Et si la sage-femme se refuse à faire de l'accouchement à domicile une fin en soi, c'est qu'elle plaide pour des maisons de naissance, « comme en Angleterre ». « Il ne faut jamais pousser les femmes à accoucher à la maison. Il faut qu'elles aillent là où elles se sentent en sécurité ».
« OEuvrer dans le milieu alternatif ne veut pas dire marginal du tout », défend-elle. Les futures mères sont priées de préparer « un deuxième scénario vers une maternité » en cas de difficulté. Ainsi donc Véronique Deparpe ne se dispense pas d'échographies, a rencontré l'anesthésiste de l'hôpital de Villeneuve et pris rendez-vous avec une sage-femme de l'établissement. Au cas où.
Auteur : daniel bozec
d.bozec@sudouest.com

samedi 24 octobre 2009

Vie de couple et allaitement dans une culture de biberons

Source : liste Re-Co-Naissances.

Ros ESCOTT, bachelier en sciences appliquées, consultante en lactation IBCLC (International Board Certified Lactation Consultant)

7e Journée internationale de l'allaitement, 14 mars 2008, Paris

Votre santé n° 103 - mai 2008, page 6

Vie de couple et allaitement dans une culture de biberons

La façon dont une femme vivra sa sexualité subira d'énormes changements à partir de la conception, puis pendant la grossesse, lors de la naissance, à l'allaitement, les premiers jours du maternage et durant les nombreuses années de parentage. Michel Odent ne conçoit pas les rapports sexuels, l'accouchement et l'allaitement comme étant des domaines séparés, mais bien comme faisant tous partie de la vie sexuelle. Ces trois types d'actes donnent lieu à la sécrétion d'ocytocine, l'hormone de l'amour, qui fonctionne également comme un système de récompense qui agit chaque fois que nous accomplissons un de ces actes. Tous les trois sont nécessaires à la survie de notre espèce.

Spencer et ai., de l'université de Chicago, ont rapporté, en 2004, le fait que les femmes allaitantes et leurs bébés émettaient une phéromone qui augmentait le désir sexuel chez les autres femmes. Sur le plan biologique, il est compréhensible que les femmes allaitantes communiquent chimiquement avec d'autres femmes. Quel meilleur signal pourrait-on utiliser, pour montrerque les conditions sont bonnes, que la présence d'une autre femme qui a réussi à mener à bien une grossesse et qui est maintenant en train d'allaiter un bébé ?

Si on utilise une définition large de la sexualité, l'allaitement peut être une expérience très sexuelle et gratifiante. Une femme qui s'abandonne à la sensualité de cette relation intime peut éprouver beaucoup de plaisir et de joie avec son bébé. Certaines personnes sont choquées par l'idée que des femmes trouvent que l'allaitement est une expérience sensuelle et agréable. Elles veulent ignorer le double rôle des seins, les liens entre les seins et l'utérus. Cependant, les sensations sensuelles éprouvées par de nombreuses femmes pendant les tétées sont habituellement passablement différentes de ce qu'elles éprouvent pendant l'excitation et les relations sexuelles. La plupart des mères ressentent un sentiment sensuel de paix et de sérénité, ou un sentiment global de chaleur et de relaxation suite au réflexe d'éjection du lait. Il est possible de ressentir une stimulation sexuelle, voire un orgasme pendant les tétées, mais c'est plus rare. Et rien ne permet de penser que cela fait de l'allaitement une relation incestueuse entre une mère et son enfant. Il n'y a aucune évidence d'un lien entre l'allaitement et une quelconque déviance sexuelle. En fait, cette période d'intimité joue probablement un rôle important dans le bon développement psychologique de l'enfant.

Dans la relation de couple, les seins lactants peuvent être vécus par chaque partenaire comme étant attrayants, un signe de féminité, ou comme un tue l'amour. La plupart du temps, les seins sont plus volumineux et plus fermes, mais ils peuvent être sensibles, ou du lait peut s'écouler, en particulier pendant les rapports sexuels. La question "à qui appartiennent les seins" et à quel moment chaque "propriétaire" peut y accéder pourra être à l'origine de dilemmes intéressants. Si l'un des partenaires a l'impression que les seins sont "tabous", les jeux sexuels pourront être inhibés jusqu'à la mise en place d'ajustements. D'autres couples apprécient l'inclusion de seins qui dégoulinent de lait dans leurs jeux sexuels, et certains hommes aiment boire le lait de leur femme à cette occasion, ou la soulager en cas d'engorgement. Les femmes font souvent état de difficultés à passer de l'intimité avec leur nouveau bébé à l'intimité avec leur compagnon. Elles pourront ressentir le besoin de recevoir beaucoup de câlins plutôt que le désir de relations sexuelles. D'autres pourront ressentir un phénomène de saturation avec leur bébé très demandeur, et voudront un espace personnel. Certains hommes sont jaloux de voir le bébé accéder au sein à la demande.

Des études ont constaté que, dans l'ensemble, les femmes qui allaitaient reprenaient plus rapidement une activité sexuelle après la naissance que les mères qui donnaient un lait industriel, et que l'allaitement et la sexualité étaient positivement corrélés. Mais la réalité reste que de nombreuses femmes ont besoin d'un bon moment avant de reprendre les relations sexuelles après l'accouchement. Cela pourrait d'ailleurs faire partie de la programmation favorisant la survie de l'enfant. Il est peu probable que la venue d'un bébé puisse améliorer une relation de couple en mauvais état, mais la plupart des couples trouvent de nouveaux modes de relations, qui sont épanouissants et gratifiants. Il existe une vie sexuelle après l'arrivée des enfants, mais elle est différente. Les couples qui peuvent communiquer avec franchise et sensibilité sur le sujet trouveront les moyens de faire les ajustements nécessaires.

vendredi 23 octobre 2009

Hommage aux sage-femmes...

... Par Jean-Jacques Goldman
C'est ici :
http://www.youtube.com/watch?v=6ZyuySCEG8U

"Je suis tombé sur cette émission de télévision par hasard, en pleine nuit. Il devait être quelque chose comme deux heures du matin. Ça s'appelait "les nouveaux Far West", ça se passait au Zaïre. A un moment on voyait une femme blanche dans un dispensaire de brousse, une soeur ou une infirmière assez âgée. Elle venait d'accoucher une femme. L'enfant ne respirait pas. Je regardais ça en zappant, entre deux clips. C'était incroyable, presque insupportable. Cela a duré quelques minutes, deux ou dix, je ne sais pas. Cette femme silencieuse, en train d'essayer de le ranimer. Pas un commentaire, rien, l'image brute. Elle qui le frappait, le secouait, le pendait par les pieds, le baignait d'eau froide, le giflait. C'était très violent.

Et puis l'enfant a cligné des yeux. Revenu à lui, vivant, ignorant la chance inouïe qu'il a eue de croiser le chemin de cette femme.

J'étais très ému, presque essoufflé. Je me suis demandé ce qu'on pouvait bien faire après ça. Même si c'est son quotidien, son boulot, comment peut-on redescendre sur terre après avoir redonné une vie qui n'existait plus ?"

[Cette nuit là, Goldman prend le premier morceau de papier qui traîne sur la table, le déchire en coin, y porte la date du 15 Janvier 1990 et écrit :]

"Qu'est-ce qu'elle a bien pu faire après avoir sauvé l'enfant du Zaïre ? Elle est allée dîner, a écrit une lettre, lu un bouquin, écouté une vieille cassette familière, attendu demain ? Ou alors elle a regardé la nuit, peut-être sans la voir. Il faut regarder loin pour regarder nulle part."

Naissance naturelle de jumeaux et triplés

jeudi 22 octobre 2009

Une directive de la sogc conseille l'accouchement vaginal d'un siège plutôt que la césarienne

Source : SOGC (Canada)

La Société des Obstétriciens et Gynécologues du Canada est à l'origine d'une directive sur l'accouchement par la siège : la voie basse serait préférable à la césarienne d'office. Ils insistent sur un compagnonnage des obstétriciens pour réapprendre à effectuer des sièges par voie basse...
C'est ici : DIRECTIVE CLINIQUE DE LA SOGC

samedi 17 octobre 2009

Publicité pour l'allaitement maternel

Source : Chenille et Papillon






Traduction :
Titre du spot: rien ne remplace Maman, rien ne remplace l'allaitement.
  • Si je vous disais qu’un tout nouveau lait infantile booste les défenses immunitaires de votre bébé, le donneriez-vous à votre bébé?
  • Si je vous disais que vous pouvez nourrir gratuitement votre bébé pendant ses six premiers mois, me croiriez-vous ?
  • Si je vous disais qu’une entreprise a breveté un emballage permettant à un aliment d’être prêt à consommer 24 heures sur 24 et sans qu’il ne perde aucune de ses qualités nutritionnelles,  l’achèteriez-vous ?
Ce lait infantile existe, cette nourriture existe, cette entreprise existe.
Le lait maternel est le meilleur aliment pour votre bébé.  Il s’adapte aux besoins de votre bébé et renforce ses défenses immunitaires, et en plus, il est gratuit.
Rien ne remplace Maman, rien ne remplace l’allaitement.