vendredi 20 novembre 2009

Les bébés crient dans leur langue maternelle

Source : Le Monde
Quand ils crient, les bébés français ont la voix qui monte, tandis que les bébés allemands vont de l'aigu vers le grave, selon une étude publiée par une équipe franco-allemande.

Dès les premiers jours suivant leur naissance, les nourrissons français et allemands ne crient pas la même langue : tandis que les premiers ont la voix qui monte, celle des seconds va de l'aigu vers le grave, selon une étude publiée jeudi 5 novembre par une équipe franco-allemande.

"La raison en est probablement les différences d'intonations dans les deux langues, qui sont ressenties dans le ventre de la mère et reproduites plus tard", explique dans un communiqué l'Institut Max-Planck, dont deux chercheurs ont participé à l'enquête aux côtés du Laboratoire des sciences cognitives de l'Ecole normale supérieure de Paris. "L'ouïe est le premier système sensoriel qui se développe" chez les fœtus, qui sont des auditeurs attentifs durant le dernier tiers de la grossesse, selon Angela Friederici, l'un des auteurs de l'étude parue dans Current Biology.

PREMIER DIALOGUE AVEC LA MÈRE
Selon l'analyse des cris réalisée par la psychologue Kathleen Wermke du CHU de Würzburg (Allemagne), "les nouveau-nés ont une prédilection pour les modèles mélodiques qui sont typiques pour leurs langues maternelles". Or les mots en français sont accentués à la fin, si bien que la mélodie est ascendante, tandis que c'est généralement l'inverse en allemand, des intonations qui se retrouvent dans les cris des bébés des deux langues, comme on peut le constater sur un enregistrement sonore publié par la BBC.
En imitant leur mère, les bébés de tous pays chercheraient à établir un premier contact avec elle. Selon les scientifiques, cette sensibilité précoce pour les mélodies linguistiques les aideraient par la suite à acquérir leur langue maternelle, bien que l'origine de cette faculté soit, selon les chercheurs, antérieure à l'apparition des langues parlées telles que nous les connaissons aujourd'hui.

jeudi 19 novembre 2009

Deux poids deux mesures

A l'heure actuelle des gynécologues obstétriciens libéraux, exerçant dans des cliniques privées, font grève pour obtenir plus au niveau de leur assurance.

Bizarrement c'est au ministère de la santé qu'ils s'adressent pour ceci. En effet, l'ONIAM ( Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux), a pour mission d'indemniser les particuliers victimes d'aléa thérapeutiques.
Les obstétriciens ont réussi à obtenir que quand ils sont condamnés alors que leur assurance n'est plus valide, l'ONIAM prenne le relais de ladite assurance pour indemniser les victimes. Mais ils demandent plus, et c'est là le sujet de leur grève : ils veulent aussi que l'ONIAM (organisme plublic financé par les fonds publics) indemnisent les victimes y compris quand le plafond de l'assurance est dépassé.

Sans vouloir remettre en cause les revendications des obstétriciens libéraux, je ne peux m'empecher de penser à ces sage-femmes, qui elles aussi se dévouent aux mamans et à l'accueil de leurs enfants. Ces sage-femmes qui sont trop peu nombreuses pour qu'une grève de leur part soit efficace. Ces sage-femmes qui contre vents et marées pratiquent des accouchements en dehors de toute structure hospitalière afin que les parents qui le souhaitent puissent mettre au monde leur enfant à leur domicile dans des conditions de sécurité optimales. Ces sage-femmes, qui aujourd'hui encore, exercent des accouchements à domicile comme la loi le leur permet mais... sans être assurée du tout pour ça.

Le ministère de la Santé a répondu en substance dernièrement à une représentante d'usager qui lui faisait part du problème assurantiel de ces sage-femmes : "Elles n' ont qu'à se débrouiller !" Quel tollé si la ministre faisait la même réponse aux obstétriciens du privé...

On peut pourtant se demander pourquoi l'ONIAM ne prendrait pas à sa charge les indemnisations des victimes d'accidents lors d'accouchement à domicile, ceux-ci sont tellement peu fréquents que ça représenterait une goutte d'eau par rapport aux demandes actuelles des obstétriciens...

Une chose est sûre, c'est que cette demande aboutirait certainement si il y avait une réelle solidarité entre les sage-femmes et une volonté pour le conseil de l'ordre de régler ce problème d'assurance des sage-femmes qui pratiquent à domicile. Une grève des sage-femmes libérales pour défendre le choix qu'ont fait certaines d'entre elles de pratiquer intégralement leur art ? On peut rêver...

Manque de sage-femme : mon courrier à l'ordre

A : Mme la Présidente du Conseil national de l'ordre des sages-femmes
56 rue Vouillé
75015 PARIS

-Copie à l'Afar, membre du Collectif inter-associatif autour de la naissance (Ciane).



Madame,

Ayant eu la chance de pouvoir vivre un accouchement à domicile pour mes deux enfants, j'ai récemment emménagé dans un département où aucune sage-femme ne pratique de suivi global et d'accouchement à domicile.

Aujourd'hui, je suis en réflexion pour avoir un troisième enfant.
Je ne souhaite pas priver ce bébé de la chance dont ont pu bénéficier ses frères en naissant à domicile.

Je ne souhaite pas vivre un accouchement en structure hospitalière, dans la mesure où ma grossesse serait physiologique. Je ne conçois pas vraiment l'utilité d'aller en maternité pour cet événement naturel qui consiste à donner la vie. Je ne souhaite pas pour cet événement important me retrouver dans des lieux inconnus et anxiogènes. Je pense qu'il n'est souhaitable ni pour moi ni pour mon bébé que ce soit des personnes inconnues qui assistent à cet événement, qui prennent des décisions sans rien connaître ni de moi ni de mon enfant. Je ne souhaite pas avoir à me battre contre des protocoles fait pour des grossesses pathologiques.

Je souhaite au contraire pouvoir avoir le choix de la personne qui m'accompagnera dans ces moments. Je souhaite qu'elle ait pu me suivre tout au long de ma grossesse afin qu'une relation de confiance ait pu s'instaurer entre nous. Je souhaite donner la vie au sein de mon foyer, avoir le choix de la présence ou non des aînés. Je souhaite ne pas avoir besoin de me déplacer, en dehors d'une pathologie avérée, au cours du travail. Je souhaite que mon conjoint, comme dans les autres naissances, puisse avoir une place d'acteur et non de spectateur. Je souhaite pouvoir me sentir en sécurité, ce que je ne conçois qu'au sein de mon foyer. Je souhaite que mon enfant vienne au monde dans des conditions de confort et de respect optimales pour adoucir le traumatisme qu'est en soi la naissance.

Aujourd'hui, je sais que si un bébé s'installe dans mon ventre, je ne pourrai pas l'accueillir sereinement au sein de mon foyer, avec la sécurité que donne la présence d'une sage-femme expérimentée et qui m'aura suivie pendant neuf mois à mes côtés. Tout simplement parce que là où je vis, ce choix n'existe pas.
Est-il normal qu'en France, dans un pays dit civilisé et moderne, les femmes ne puissent pas partout accéder au choix de mettre leur enfant au monde dans un lieu intime et chaleureux, sécurisé par la présence d'une sage-femme ? Pourquoi ce qui se fait un peu partout dans le monde, et même chez nos proches voisins européens, serait interdit aux françaises qui habitent certains départements ? Où est l'égalité de l'accès aux soins ?

Serai-je contrainte, par défaut, à accoucher seule, au détriment de la sécurité procurée par la présence d'une sage-femme ?
Serai-je contrainte de faire des centaines de kilomètres, à quelques jours du terme, pour me rapprocher d'une sage-femme pratiquant les accouchements dans un lieu plus intime qu'une maternité ?
Serai-je contrainte, contre ma volonté, à accoucher en maternité, ôtant toutes mes chances de vivre un accouchement dans de bonnes conditions, au vue de ma phobie des hôpitaux ?
Serai-je contrainte... à ne pas faire de troisième enfant, tant que je ne suis pas sûre qu'il pourra bénéficier des meilleures conditions pour sa naissance ?

Voilà les « choix » auxquels nous sommes réduits mon conjoint et moi... Bien entendu, aucun n'est en soi satisfaisant.

Les sage-femmes libérales sont à même de réaliser tout un suivi de grossesse, quel dommage que seulement certaines, qui de plus ne sont pas assurées pour ça, puissent assurer une continuité en pratiquant également l'accouchement !

Je vous demande donc de faire le nécessaire pour que le plus tôt possible, dans chaque département français, les femmes puissent bénéficier d'un accompagnement global et d'un accouchement à domicile par des sage-femmes libérales. Je vous demande que le problème d'assurance des sage-femmes qui souhaitent aller jusqu'au coeur de leurs compétences soit résolu. Je vous demande de ne plus ignorer le souhait des femmes, des couples, qui comme nous, ressentent le besoin de donner naissance à leur enfant de la manière la plus simple et la plus sécurisée qui soit : au sein de leur foyer, accompagnés par une professionnelle de la naissance.

Dans l'attente non d'une réponse mais d'actes de votre part, je vous prie d'agréer, Madame, mes sincères salutations.

samedi 14 novembre 2009

accouchement et douleur (conférence - Lyon)

Conférence
La douleur de l'accouchement : et si on en parlait ?

Le vendredi 27 novembre 2009 à 20h30
à la Maison de la Parentalité et de la Naissance,
6 bis rue Jean Jullien 69004 Lyon

A l'ère de la péridurale, les femmes se posent encore la question de la
douleur de l’accouchement : pourquoi vouloir la vivre ? Et le choix ?
Comment la rencontrer sans en être meurtrie ?

Maïtie, sage-femme et auteur, se propose de partager avec vous le fruit de
ses années d'expérience et de recherche.

Tarif normal : 7 euros. Adhérents et tarif réduit : 5 euros
Réservation obligatoire : reservationconference@yahoo.fr

mardi 10 novembre 2009

Agir pour une offre de soins diversifiée

Vous habitez dans un département où il n'y a pas de sage-femme qui accompagne les accouchements à domicile.


Vous habitez dans un département où il y a une (ou des) sage(s)-femme(s) qui accompagne(nt) les accouchements à domicile mais la demande étant trop importante, vous ne pouvez en bénéficier.


Vous bénéficez d'un accompagnement global pour le suivi de votre grossesse mais votre sage-femme ne peut pas accompagner votre accouchement car elle n'a pas accès au plateau technique local.

Le groupe de travail GT13 du Ciane vous propose de faire connaître la réalité de votre situation en écrivant au Conseil national de l'ordre des sages-femmes (CNOSF) au moyen d'une lettre type (voir ci-dessous) à personnaliser, ainsi qu'une copie à l'association Alliance francophone pour l'accouchement respecté (AFAR).

Nous espérons que cette action fera avancer les choses et permettra que l'offre de soins en France puisse effectivement se diversifier. Le groupe de travail réfléchit parallèlement à d'autres actions.

Quoi écrire ?


Entête


- A l'attention de Mme la Présidente du Conseil national de l'ordre des sages-femmes
- Copie à l'Afar, membre du Collectif inter-associatif autour de la naissance (Ciane).


Exemples à personnaliser

Madame,

Je souhaite accoucher avec la personne qui m'aura suivie pendant toute la grossesse. C'est aussi cette même personne que je veux voir en suites de couches. Or il n'y a que les sages-femmes libérales qui proposent ce genre d'accompagnement. Malheureusement, il n'y en a aucune près de chez moi (ou elle est surbookée, ou elle n'a pas d'accès au plateau technique, etc.).

Je ne souhaite pas accoucher dans la maternité locale. Je ne trouve pas de sage-femme qui accompagne les accouchements à domicile à proximité de chez moi, je vais donc devoir aller en maison de naissance en Suisse. Est-il normal qu'en 2008 la France ne soit pas capable d'offrir cette sécurité aux femmes ?

Je ne suis pas enceinte mais je fais "une grève de bébé" tant que je n'aurai pas la possibilité d'avoir une sage-femme qui accompagne les accouchements à domicile près de chez moi, parce que je n'ai pas envie d'aller accoucher à l'hôpital. [ou : La perspective de devoir accoucher à l'hopital freine mon désir d'enfant...]

Ayant une grosse normale, je souhaite mettre au monde mon enfant chez moi. A l'heure actuelle, je ne trouve aucune sage-femme dans mon secteur disponible pour assurer la sécurité de mon accouchement. Dois-je me tourner vers l'étranger pour trouver cette possibilité ou puis-je espérer que la pratique de l'accouchement à domicile soit enfin reconnue et facilitée en France ?

Mon mari et moi avons envie d'expérimenter une naissance à domicile, vivre l'arrivée de notre bébé à son rythme, sans avoir besoin de quitter le domicile en cours de travail ; ceci en toute sécurité grâce à la présence d'une sage-femme. J'ai appris qu'il y avait peu de sages-femmes
disposées à accompagner les accouchements à domicile à cause d'un problème d'assurance. Ne pourriez-vous pas intervenir pour régler ce problème ?

Il n'y a qu'une sage-femme accompagnant les accouchements à domicile dans la région mais mon domicile est trop éloigné du sien. [ou : Elle a trop de patientes qui font cette demande et n'arrive plus à y répondre.]

Dans l'attente de votre réponse, je vous prie de recevoir, Madame, mes sincères salutations.


Où écrire ?


Il est primordial d'envoyer une copie à l'association Afar (qui recensera les courriers) et de le mentionner en entête du courrier afin que le Conseil national de l'ordre des sages-femmes considère le sérieux de cette action et ne soit pas tenté de se débarrasser des "pièces à conviction".

Conseil National Ordre des Sages Femmes
56 rue Vouillé
75015 PARIS



AFAR, à l'attention de C. Loup
Floesserstr. 18
77866 Rheinau - Allemagne


Affranchir au tarif en vigueur.


http://perinatalite.over-blog.com/8-categorie-10252945.html

dimanche 8 novembre 2009

Les britanniques et l'AAD

Source : liste re-co-naissance

Le 9e rapport du comité sur la santé du parlement britannique vient d'être publié :

http://www.publications.parliament.uk/pa/cm200203/cmselect/cmhealth/796/79602.htm

Il contient un passage sur l'accouchement à domicile (home birth).

On y lit notamment :

64. Rather than perceiving home births as a potential drain on scarce resources we see them as a gateway to promoting normal birth and a spur towards midwife recruitment and retention. We endorse AIMS' recommendation that all trainee midwives should be obliged to attend a minimum of three home births as an essential part of their training. We believe that this would help tackle prejudice against home births amongst health professionals. But we also believe it would be very beneficial if GPs and consultant obstetricians attended a similar number of home births to give them insights into the process and to provide for a more informed and rational debate.

Traduction :

Au lieu de considérer les accouchements à domicile comme un gaspillage potentiel de ressources insuffisantes, nous les voyons comme un moyen de promouvoir l'accouchement normal [1] et une incitation au recrutement et au maintien des sages-femmes. Nous prenons à notre compte la recommandation de l'AIMS [2] que la formation de tout-e étudiant-e sage-femme devrait inclure l'accompagnement d'au minimum trois accouchements à domicile. Nous pensons que cette mesure contribuerait à démonter un préjugé défavorable à l'accouchement à domicile parmi les professionnels de santé. Mais nous pensons aussi qu'il serait très souhaitable que les médecins généralistes et les obstétriciens accompagnent un nombre similaire d'accouchements à domicile, ce qui leur donnerait une connaissance plus approfondie du processus et permettrait un débat plus rationnel et plus riche en informations.

[1] Sur le concept de "normal birth", voir :
http://cianewiki.naissance.asso.fr/NormalBirthConsensus
[2] AIMS = Association for Improvements in the Maternity Services
http://www.aims.org.uk

samedi 31 octobre 2009

L'AAD vu par un papa (au québec)

Source : Angle Mort

28 octobre 2009, 12:56

Accoucher normalement

Le jeudi 15 octobre, un peu avant 3600 secondes d'extase, je suis devenu deux choses: un papa et le fan numéro 1 des sages-femmes.
Depuis que Romane est née, on se pince chaque jour, ma blonde et moi, pour croire qu'on a eu la chance d'accoucher dans le confort de notre foyer.
Au Québec, c'est un luxe rare. À peine 2 % des femmes accouchent avec une sage-femme et encore moins le font à domicile.
Parce que dans l'esprit d'à peu près tout le monde en Amérique du Nord, un bébé, ça sort d'un hôpital. Et un accouchement, c'est une femme flanquée sur le dos, les jambes en l'air, le visage déformé par la douleur, qui interprète la bande-son d'un film d'horreur en écrasant les phalanges de son conjoint livide, pendant que des étrangers habillés en vert crient: "Poussez! Poussez, Madame!"
Pour traverser ce tunnel de souffrances, on a forcément besoin d'un soutien pharmacologique. D'ailleurs, ai-je appris la semaine dernière à l'émission Une pilule, une petite granule, sept femmes sur dix au Québec ont recours à l'épidurale pour contrôler leurs souffrances.
Le pire, c'est que dans notre société moderne, on en est venu à penser que ce genre d'accouchement-cauchemar est parfaitement normal. Vraiment?
Ma blonde a voulu accoucher avec une sage-femme, à la maison, dans l'eau. C'était sa décision à elle. Elle a osé quelque chose de différent. Mais parce que le monde préfère la "normalité", ma blonde et moi avons dû rassurer tous ceux qui nous aiment, qui pensaient qu'on jouait avec la vie de notre enfant en accouchant avec une sage-femme. Il aura aussi fallu trouver des réponses à toutes les angoisses, à commencer par les nôtres: "Et s'il y a des complications?"; "Et si le bébé a le cordon autour du cou?"; "Et s'il y a une hémorragie?"; "Et si ça fait trop mal?"
Bien sûr qu'il aurait pu y avoir des problèmes, mais j'ai la conviction que lorsqu'on ambitionne de donner la vie, la moindre des choses, c'est d'avoir confiance en elle, la vie.
/ / /
Une sage-femme, ce n'est pas une bonne femme qui débarque avec plein de bonne volonté et des compresses d'eau chaude.
Depuis 10 ans cette année, les nouvelles sages-femmes doivent, pour obtenir un permis de pratique, réussir une formation de quatre ans et se farcir 1740 heures de stage.
Seules les femmes qui ont des grossesses à bas risques peuvent avoir un suivi sage-femme. Et si un problème survient lors de l'accouchement et nécessite un transfert à l'hôpital, tout est en place pour que celui-ci se fasse rapidement et efficacement.
Grâce à toutes ces précautions, plusieurs recherches concluent que, dans le cas d'une grossesse normale, mettre bas dans son salon est aussi sécuritaire qu'accoucher dans un gros centre hospitalier à côté d'une distributrice de Purell.
C'est simplement une question de goût.
Mounia, notre sage-femme, est fine comme tout. Elle a 26 ans et sait tout ce qu'il faut savoir sur l'avant, le pendant et l'après de l'accouchement. Au fil de nos rencontres, elle, ma blonde et moi avons développé un véritable lien de confiance. Un lien d'humain à humain qui m'a réconcilié avec tous ces professionnels de la santé blasés, stressés, épuisés et pressés que j'ai croisés dans ma vie.
/ / /
Toujours est-il que le 15 octobre, un peu avant 3600 secondes d'extase, ma blonde a accouché en direct de notre sous-sol, à quatre pattes dans une piscine gonflable. Elle n'a pas hurlé de douleur, elle n'a pas eu l'air possédée du démon et n'a réduit aucune de mes phalanges en purée.
Elle n'a pas non plus eu besoin de quelque antidouleur que ce soit. De toute façon, l'épidurale n'existe pas dans le monde des sages-femmes. À la place, enveloppée dans un nuage d'endorphines, ma blonde s'endormait entre chacune de ses contractions. Elle était magnifique à voir.
Anecdote: chaque contraction, vous allez rire, ma blonde les prenait en disant un grand "Ouuuui!". On est loin de la trame sonore du film d'horreur. On est plus dans l'audio d'un film cochon, mettons.
Et c'est ainsi que Romane est venue au monde dans l'eau.
Après le départ de la sage-femme, on s'est endormis dans notre lit, et le lendemain, on s'est réveillés chez nous. On était une famille.
Cela fait maintenant deux semaines. Ceux qui voient Romane la trouvent étonnamment calme. Paraît que c'est normal. Les bébés qui naissent dans la sérénité seraient juste moins traumatisés par l'accouchement. La mère aussi l'est pas mal moins.
Pour moi, aujourd'hui, c'est ça, un accouchement normal. Et j'en souhaite un à tout le monde.
Merci à Mounia, et à toutes les autres sages-femmes du Québec, pour les bonheurs qu'elles mettent au monde...